Art and Sound propose la solution acoustique Cinéma Privé,

 

voici le sujet complet  dans le magazine les Années Laser:

 

« Nous nous sommes rendus dans les environs de Nantes, plus exactement dans une zone d’activité située dans la ville de Pontchâteau, là où s’est installée la société Prestige Distribution. En compagnie du gérant de l’entreprise Anthony Mézière, nous avons visité les locaux et en particulier la salle de projection qui permet aux futurs clients de se faire une idée de ce qui les attend et aux hésitants de prendre une décision éclairée, voire éblouie.

En effet, s’il est bien un domaine dans lequel on ne peut guère se passer d’une démonstration, c’est bien celui qui nous passionne. On peut parler, échanger, discuter à l’infini, mais ce n’est pas en vantant les qualités supposées d’un système qu’on convaincra le mieux, mais bien en le faisant voir et écouter. Parler de l’impact d’un haut-parleur de 38 cm est une chose sans doute nécessaire, mais le faire ressentir est encore le moyen le plus rapide, pertinent et efficace de persuader l’amateur sceptique.

Présentoir géant Parmi les différentes prestations proposées par Prestige Distribution, il y a quelques invariants. Le premier d’entre eux est bien évidemment le traitement acoustique, dès lors qu’on parle de salle dédiée. La problématique ne sera pas la même dans un lieu de vie, a fortiori contemporain dans sa conception et sa décoration, ce qui limite fortement les possibilités d’intervention. Nous parlons donc bien ici de salle dédiée.

La salle aménagée pour les séances de démonstration présente l’essentiel des savoir-faire mis en œuvre par la maison À savoir : systèmes son plus ou moins élaborés et puissants selon le volume de l’espace à faire vivre et les préférences auditives, vidéoprojection, assises, aménagements, domotique et, bien entendu comme nous le signalions cidessus, traitement acoustique. Anthony Mézière a choisi d’équiper un espace de 6,75 par 4,6 m, hors zones techniques, soit un peu plus de 31 m², ce qui, sans être immense, correspond déjà à une belle salle.

Nous sommes dans des locaux professionnels, il n’y a donc pas à proprement parler d’isolation phonique (au grand bonheur des occupants du bâtiment lors de séances de démonstration un peu… musclées), mais bien, en revanche, un traitement acoustique de l’espace. Nous reviendrons sur cette importante nuance ultérieurement. La salle est en amphithéâtre, avec une estrade en fond qui supporte trois fauteuils, tandis que trois autres sont en contrebas aux premières loges. Pas de matériel apparent, tout est relégué dans des zones techniques auxquelles on accède par l’extérieur de la pièce.

Traiter n’est pas isoler

En ce qui concerne le travail sur la signature de la salle, Anthony Mézière a choisi de s’appuyer sur Jean-Pierre Lafont, une figure dans le monde du Home Cinéma, du cinéma tout court, et pas seulement.

Pour mémoire, c’est lui qui a travaillé sur l’acoustique du studio de JeanMichel Jarre et, Graal entre les Graals, a fourni en son temps une console de mixage Lafont Chroma au Skywalker Ranch de George Lucas. Cette console, sur laquelle, parmi bien d’autres, les bandes-son de Titanic ou encore Il faut sauver le soldat Ryan furent mixées, fut rachetée ultérieu rement par le studio d’enregistrement Mind’s Eye Digital de Glendale en Arizona, et elle a notamment servi à enregistrer Eminem. Autant dire qu’on ne rigole pas sur les connaissances et la capacité technique du monsieur.

C’est sur l’expertise de JeanPierre Lafont en tant qu’acousticien que s’appuie Prestige Distribution. En effet, il a mis au point un concept modulaire, nommé Cinéma Privé, qui permet de traiter acoustiquement un lieu dédié afin qu’il sonne au mieux, selon l’investissement consenti par le propriétaire comme il se doit. La pierre angulaire de l’idée,c’est un caisson parallélépipédique doté d’un équipement acoustique qui peut travailler en absorption, en diffusion, en réflexion ou en diffraction…

Bref, une douzaine de comportements différents sont possibles. Après étude des comportements de la pièce à traiter, volume, géométrie, impédance acoustique des parois (manière dont un matériau réagit à une onde acoustique) et la prise en compte des souhaits du client – taille d’écran, type de film et autres -, les caissons et un plan de la répartition selon leurs comportements respectifs sont fournis à l’installateur, en l’occurrence Prestige Distribution, à qui il ne “reste plus” qu’à les installer sur des rails préalablement fixés aux murs.

Un éclairage LED de couleur – fixe ou modulable selon les desiderata du client – souligne les alignements des caissons. L’isolation acoustique qui consiste, elle, à limiter au mieux la transmission des ondes sonores à l’extérieur de la salle, ce qui n’est pas du tout la même chose, est bien entendu une solution qui peut aussi être envisagée en complément si elle s’avère nécessaire.

Un peu de matériel

La pièce, surtout son équipement, est en évolution constante pour pouvoir présenter les produits les plus aboutis dans les marques sélectionnées par Anthony Mézière. C’est pour ça qu’on peut accéder, via l’extérieur de la salle, à l’arrière de l’écran de projection ce qui permet d’intervenir facilement sur les enceintes de façade, les centrales et les caissons de basses. Lors de notre visite, les lieux carburaient au JBL Synthesis, ce dont nous ne nous sommes pas plaint ! L’écran en charge de l’image est un beau bébé de 3,8 m de large fourni par la maison Screen Research, entreprise française à l’origine, rachetée en 2010 par le groupe italien Adeo et dont la localisation est, depuis 2011, polonaise.

La qualité est toujours là, nous sommes dans le haut de gamme avec un format en 2.4 natif et des masques latéraux motorisés pour les changements de ratio afin de pouvoir garder un encadrement en velours noir absorbant dans tous les cas. La projection repose sur les épaules d’un Cineversum Blackwing 2, la marque française de vidéoprojecteurs haut de gamme qui s’appuie sur la technologie D-ILA de JVC. En ce qui concerne le son, nous sommes donc en full JBL Synthesis, avec des SAM1HF et des SAM2LF en frontales et centrale.

Le module SAM1HF, comme son acronyme HF (High Frequency, pour haute fréquence) l’indique, se charge de la partie haute et très haute du signal avec ses deux compressions. Quant au module SAM2LF (Low Frequency, pour basses fréquences), il gère le bas médium et le haut grave puisqu’il descend à 60 Hz au moyen de ses deux haut-parleurs de 20 cm. Les surround et surround back sont des modèles multipolaires JBL S4AI qu’on peut configurer en dipôle (inversion de phase, un haut-parleur “pousse” pendant que l’autre “tire”) ou bipôle (en phase, on pousse ou on tire tous en même temps) au choix. Le format Atmos n’est pas oublié avec des enceintes encastrées dans le plafond, des JBL SCL-4. Pour le rendu des basses fréquences et une charge des éléphants convaincante, deux caissons passifs JBL S1S-EX sont mis à contribution. Ces beaux bébés supportent chacun un haut-parleur de 46 cm en configuration bass-reflex avec un triple évent frontal. Ce sont, comme toujours dans le monde pro, des modèles passifs qui doivent être alimentés. À propos d’alimentation, c’est aussi JBL qui s’y colle avec des blocs d’amplifi – cation dédiés aux ensembles Synthesis, les modèles SDA 4600 et SDA 8300.

Le SDA 4600 est une électronique dédiée à l’alimentation des caissons de basses avec ses, au choix, 4 x 600 ou 2 x 1.200 watts selon le nombre de boîtiers à alimenter. Le SDA 8300 est un ampli multicanal 8 canaux (300 W chaque) qui peut aussi être paramétré pour rentrer dans un système jusqu’à 16 canaux. Le pilotage se fait via un égaliseur JBL SDEC-5500 qui peut donc gérer… jusqu’à 16 canaux. Toute cette troupe obéit au doigt et à l’œil à un processeur JBL SDP-75 issu de la collaboration avec Trinnov Audio, la marque française spécialisée dans le traitement audio de très haut niveau (voir la saga de la marque dans LAL 241). C’est en fait un Trinnov Altitude, mais sans son étage Optimizer chargé de gérer l’égalisation, celle-ci restant pilotée par JBL. Tout ce très beau monde est commandé par une domotique Control 4.

Qu’est-ce qu’on voit ?

Inutile de sortir de Polytechnique pour deviner que le rendu, avec le matériel mis en œuvre, a toutes les chances d’être de très bonne facture. C’est bien entendu le cas. Une très grande et très belle image, détaillée, avec une superbe profondeur de champ, des contrastes impeccables… Le contraire aurait été étonnant avec un Cineversum Blackwing 2 tournant sur une technologie JVC et une fluidité que nous n’avons pas prise en défaut. L’écran Screen Research fait de l’excellent travail, une occasion de plus de dire et de redire qu’un bon écran n’est pas du tout un luxe inutile, surtout quand on titille ces niveaux de qualité et que son apport est bien loin d’être négligeable. Le lieu s’efface totalement, et l’intégralité de l’attention est tournée vers l’image projetée sans qu’aucune perturbation visuelle de quelque sorte que ce soit n’entrave le rendu. D’autres électroniques encore plus luxueuses savent faire mieux – on peut toujours faire mieux -, mais le différentiel qualitatif, relativement mineur, s’accompagnerait d’un différentiel d’investissement loin d’être anodin, et ce serait alors la parfaite illustration du vieux dicton “le mieux est l’ennemi du bien”.

La fête des oreilles

Le système Synthesis, c’est un peu la vitrine de JBL, et à ce titre, l’entreprise n’a pas privilégié les économies d’échelle face à la qualité. Quand on écoute du Synthesis, on doit être impressionné, embarqué dans une attraction de parc à thème dotée de quinze loopings qui vous collent la tête à l’envers. Mission accomplie : plus, ce serait sans doute trop. Le volume de la pièce est bien loin d’être un souci pour le matériel utilisé et pour le conséquent stock de watts à disposition. Ça pousse très fort partout, du sol, et même du sous-sol, au plafond. La capacité d’analyse superlative fournie par le processeur JBL SDP-75 fait honneur au travail des Français de Trinnov, c’est bluffant.

Tous les détails sont là, et l’association entre le tempérament JBL avec sa signature typiquement américaine faite de grosse énergie, d’un médium riche, de basses charnues, et l’analyse, la rigueur sans concession qui font l’excellence des électroniques Trinnov, sont fécondes en émotions, en impact et en puissance d’évocation. Pas d’agressivité ; même quand on devient très déraisonnable sur les niveaux. Les limites seront celles de la pièce, dès lors qu’on reste 45 N°251 AVRIL 18 – dans un volume de format domestique, et celles des tympans des auditeurs. Le traitement acoustique est vraiment performant et permet d’autant plus de se laisser aller aux pires excès sonores sans épuisement rapide de l’audition.

On est vraiment dans une salle de cinéma, mais avec un rendu acoustique sans aucun doute supérieur qualitativement, d’autant que nombre de salles publiques, à la main un peu lourde sur le potentiomètre de volume, affichent un son quelque peu agressif dans les médiums/aigus si on a le malheur d’être un peu près de l’écran, profondeur de la salle oblige.

Alors, heureux ?

Si l’idée d’Anthony Mézière était, en installant cette salle, d’impressionner ses clients et de leur faire briller les yeux d’envie, c’est incontestablement réussi. Son plus gros souci doit être de les empêcher de s’installer à demeure pour voir tout le film, et peut-être d’autres dans la foulée. Nous sommes là face à un équipement haut de gamme du genre onéreux, mais qui permet aux néophytes, même ceux qui ne sont pas prêts à investir des sommes importantes pour obtenir le même résultat chez eux, de voir et d’entendre jusqu’où il est possible d’aller dans un environnement privé. Merci en tout cas à Anthony Mézière de nous avoir accueillis et embarqués dans son grand huit visuel et auditif. ■ J Paris Photos D.R

Vidéoprojecteur Cineversum Blackwing 2 ● Écran fixe Screen Research 3,8 m de base ● Processeur JBL SDP-75 ● Égaliseur JBL SDEC-5500 ● Amplificateurs JBL Synthesis SDA 4600 et SDA 8300 ● Façade JBL Synthesis SAM1HF / SAM2LF ● Surround et surround back JBL Synthesis S4AI ● Enceintes d’effets Atmos JBL Synthesis SCL-4 ● Subwoofer JBL Synthesis S1S-EX Selon le type d’enceintes et d’électroniques, le budget varie de 50 à 150.000 € hors sieges pour une salle de 30 à 40 m